Villa Paradiso

Une maison d'hôtes unique : un agréable gîte à Baracoa, Cuba

Trois peintres de Baracoa, porteurs de notre culture et de notre histoire

Publié le 2 septembre, 2017.


Si la nature est magnifique à Baracoa, les arts plastiques de la région captivent également l’expérience des voyageurs qui visitent ce recoin inusité de Cuba. Villa Paradiso a le plaisir de vous présenter trois des peintres essentiels de Baracoa, dont certains des tableaux sont fièrement exposés sur les murs de notre casa.

Des visions de l’art néo-taïno : Mildo Matos Carcassés

Mildo Matos Carcassés propose de nous rencontrer à la Casa de la Cultura (la Maison de la culture) de Baracoa. Nous nous assoyons dans le patio central de cette ancienne maison coloniale située sur El Bulevar (la rue piétonnière de la ville) pour une belle conversation.

Artiste dont les œuvres ont été exposées dans de nombreux pays de plusieurs continents et membre de l’Union d’écrivains et d’artistes de Cuba (UNEAC), Mildo est né à Baracoa en 1962. Sa grand-mère autochtone, avec qui il a éprouvé une grande affinité, exerce une influence significative sur sa sensibilité et sa compréhension du monde.

Mildo a étudié en Éducation en arts plastiques à l’Instituto Superior Pedagógico de Guantánamo. Sa peinture se situe dans l’horizon de l’art néo-taïno, dont les pratiquants se trouvent à plusieurs endroits des Caraïbes dont le Puerto Rico et la République dominicaine.

Ses tableaux incarnent des visions de la Pacha Mama (la Mère Terre), de divinités taïnas dont Atabey, Yayael, Toa et encore d’autres. La création, l’érotisme et la fertilité imprègnent ses compositions, où les cabosses du cacao de la région sont des seins de femme et les polimitas (polymita picta, les escargots colorés vivant sur des arbres et endémiques de Baracoa) signifient le cosmos.

Mildo Matos Carcasés con sus cuadros Baracoa Cuba

Mildo cite les influences artistiques qui traversent son langage visuel : le baroque, le cubisme, l’expressionnisme et le surréalisme. Quiconque connaît Wifredo Lam verra dans l’art de Mildo une influence aussi. Sa passion pour les mathématiques et pour la géométrie façonne également les éléments, la composition et les proportions de ses tableaux.

S’assumant comme peintre postmoderne, Mildo indique que la représentation des divinités taïnas dans son œuvre restent fidèles aux pétroglyphes et aux peintures rupestres trouvées dans les cavernes de la région de Baracoa.

Mildo Matos Carcasés at his home-restaurant in Baracoa Cuba

Tout comme d’autres artistes de la plastique cubaine, Mildo utilise un éventail de médias et de supports, depuis les plus modernes dont l’acrylique et la toile jusqu’à ceux récupérés de l’environnement : terre, boue, jute, fronde de palmier et d’autres écorces.

Mildo expose ses tableaux dans la cafétéria « El Parque » (aussi connue comme « Rumbos »), à la Casa de la Cultura, à la Galerie d’art Eliseo Osorio et dans sa maison et restaurant.

Le Studio Los Orishas et le panthéon yoruba : Luis Eliades Rodríguez

L’art afro-cubain à Baracoa a en Luis Eliades Rodríguez un exposant magistral. Généralement connu comme Eliades, le peintre nous reçoit dans sa maison et studio, appelé Los Orishas, pour une agréable conversation.

Né à Baracoa en 1941, il étudie les Arts plastiques à Santiago de Cuba entre 1965 et 1969, où il peint de murales. Actif au mouvement des étudiants en arts plastiques à Santiago, il fonde la Columna Juvenil de Escritores y Artistas de Oriente (la brigade de jeunes écrivains et artistes de l’Est de Cuba).

Luis Eliades Rodríguez Los Orishas Baracoa

À ses débuts, raconte-t-il, il peint des portraits et il pratique un art proche du romanticisme, y compris de l’art érotique. Influé à l’époque par Dalí, mais aussi par le poète et peintre guantanamero Regino Eladio Boti, il étudie en même temps la percussion afro-cubaine avant de se consacrer entièrement aux arts visuels.

Son travail postérieur a aussi été influencé par le surréalisme, le cubisme et le baroque. Les orishas, des saints ou des divinités de la cosmovision yoruba cubaine, habitent ses toiles: Shangô, Oshun, Iemanja, Eleggua… dans des tableaux marqués par une approche particulière du rythme et de la lumière.

En 2008, il crée un tableau qui dénonce la déprédation de la polymita picta. Il aborde alors le thème de l’environnement et de la violence qui l’affecte.

Les techniques principales utilisées par Eliades sont l’huile et l’acrylique. Mais, plus récemment, il explore la plume et l’encre, créant des illustrations pour plusieurs magazines, mais aussi des œuvres individuelles. Récemment, il a exposé ses travaux à l’encre à Boston.

Son œuvre a été exposée de manière individuelle ou collective en Australie, au Japon, dans plusieurs pays européens et aussi en Amérique du nord, où il a donné des cours et parlé lors de conférences et colloques (Ohio, Colorado, Floride). Eliades est, lui aussi, membre de l’Union d’écrivains et d’artistes de Cuba (UNEAC).

Histoire et présent de Baracoa sous le regard critique de « Yoe » Rey Barroso

Rafael Joel Rey Barroso est connu et il signe ses tableaux comme « Yoe ». Il nous reçoit pour une conversation à la Galerie d’art Eliseo Osorio, face au Parc Independencia en plein centre de Baracoa.

Né en 1964 dans la municipalité voisine de Maisí, il déménage à Baracoa en 1977. Gradué en Éducation en arts plastiques, il est professeur et instructeur d’art, peintre et chercheur. Membre également de l’Union d’écrivains et d’artistes de Cuba (UNEAC), il travaille à la Galerie Eliseo Osorio depuis 1992 et il en est actuellement le directeur.

Obra de Rafael Rey Barroso YOE en Galería Eliseo Osorio en Baracoa

Son œuvre présente Baracoa en utilisant des éléments iconiques de sa nature et de son histoire: les rivières, d’une part, et les tours du système défensif construit entre 1739 et 1742, d’autre part… Dans ce cadre, les paysans et travailleurs de la région apparaissent dans leur travail quotidien, dans leurs rapports avec la nature et les uns avec les autres.

« Yoe » a été pendant des années professeur instructeur d’arts plastiques à différents villages autour de Baracoa, travaillant avec les enfants, les jeunes et les adultes, dont certains sont devenus à leur tour des artisans, des sculpteurs et des peintres.

Son implication comme membre et fondateur du groupe d’arts plastiques « Tibaracón » l’a emmené à effectuer des projets dans de nombreuses zones rurales de la région, où il a fait don de ses tableaux à des paysans, des cliniques médicales, des édifices d’institutions locales ou municipales et à l’Union des jeunes communistes.

Rafael Rey Barroso YOE Baracoa Cuba

Tout comme Mildo et Eliades, « Yoe » aime parler de son œuvre en général, et de ses tableaux en particulier. Certaines de ses créations portent en elles un évident sens de la critique sociale.

Utilisant divers types de support et de matériaux, notamment les toiles de jute, ses tableaux ont également été exposés de façon individuelle ou collective dans plusieurs pays européens et latino-américains.

À Baracoa, visitez les galeries d’art et les studios de ses peintres

Une autre manière de pratiquer le tourisme durable consiste à soutenir les créateurs artistiques des endroits que vous visitez. Villa Paradiso vous encourage à explorer non seulement les aires naturelles, mais aussi les diverses galeries et les sites d’exposition d’art de Baracoa.

Nous offrons à nos visiteurs (gracieuseté de la maison!) une carte de la ville faite sur mesure, qui indique les divers endroits où il est possible de connaître l’apport des artistes locaux sur le plan de l’esthétique.

Certains de nos visiteurs sont partis très contents d’avoir pu en apprendre un peu sur l’art de notre région et, dans plusieurs cas, d’avoir acquis un échantillon de l’art de Baracoa pour emporter à leurs amis, à leur famille ou pour l’accrocher chez eux!


Activités, Baracoa, Tourisme Durable

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